Laurent AMODRU

Né à St Vallier (Drome) le 9 octobre 1849, mort à Chamarande le 27 avril 1930. Député de Seine et Oise de 1893 à 1910 et de 1914 à 1928.
A près avoir terminé ses études secondaires, Laurent Amodru s’inscrivit à la Faculté de Médecine de Paris où il réussit brillamment. Il se spécialisa dans l’étude de la législation médicale.
Il épousa en 1881 Mme Alice Ybert, veuve de M. Antony-Aristide Boucicaut (Fils du créateur du « Bon Marché »). A la mort de celle-ci, le 10 mai 1921 il devint propriétaire du château de Chamarande.

Le 22 décembre 1922, le Docteur Amodru revend tous les biens hérité de Mme Ybert à Mme Marthe Céline Stéphanie Derveaux (Veuve de M. Jules Eugène André Thome) né le 9 décembre 1883 à Codé sur Escaut.
Mme Thome n’aura la jouissance de la totalité de ses biens qu’à compter du jour de décès de M. Amodru, celui-ci s’en réservant l’usufruit.
Propriétaire du Chateau de Chamarande, le Docteur Amodru posa sa candidature au conseil municipal de cette commune, fut élu, en devient maire en 1880 et le demeura jusqu’à sa mort.

En 1886, il se fit élire Conseiller Général du canton de la Ferté-Alais qui lui renouvela son mandat régulièrement. Par deux fois ses collègues lui donnèrent la présidence de l’assemblée départementale, de 1901 à 1908 et de 1920 à 1922.
Sous son active administration une impulsion nouvelle fut donné aux travaux de voirie sur la commune de Chamarande dont il paya de ses deniers une partie de la dépense; Il fera don à la commune du terrain où sera édifié le monument aux morts et participera, largement à son financement.
Il se préoccupa plus particulièrement du sort des malades et blessés nécessiteux des communes dépourvus d’hôpitaux. Aux élections législatives des 20 aout et 3 septembre 1893, il fut élu député de la circonscription d’Etampes au 2ème tour de scrutin.
Il se fit remarquer à la Chambre par diverses interventions concernant notamment : l’assainissement de Paris et de la Seine. Réélu dans la même circonscription aux élections générales du 8 mai 1898 au 1er tour de scrutin.
Il demanda en 1900 le doublement des voies de chemin de fer entre Brétigny et Etampes et exposa en 1901 les mesures qui selon lui devaient être prises pour lutter contre la tuberculose. Il ne se représenta pas aux élections de 1928 et mourut le 27 avril 1930 dans sa propriété de Chamarande.

Un buste du Docteur Amodru trône dans la Salle du Conseil de la commune de Chamarande.

Maurice ARNOUX

Maurice ARNOUX est né le 7 septembre 1895 à Montrouge. Son père, d’origine franc-comtoise, est secrétaire de section au Conseil d’Etat.

Tout petit, Maurice montre un intérêt certain pour la construction mécanique et le mouvement des machines. A 13 ans un spectacle le marquera particulièrement, c’est le premier vol de Paulhan en 1908. Il vient de trouver sa vocation. Jusqu’à l’âge de 16 ans, Maurice poursuit ses études au lycée Michelet à Vanves. Dès qu’il le peut, il quitte le lycée et commence des études spéciales à l’école d’électricité et de mécanique industrielle de la rue Violet à Paris. En 1912, il a alors 17 ans, il connaît une grande joie : un baptême de l’air qui ne fait que le renforcer dans sa vocation. Deux ans plus tard, c’est la guerre. La « Grande guerre ». Maurice ne songe qu’à une chose, s’engager. Malheureusement il est déclaré inapte pour « mauvais fonctionnement du coeur ». Il n’accepte pas ce diagnostic, il ne renonce pas, alors il se débrouille, et il réussit à se faire affecter au 2ème groupe d’aviation stationné près de Lyon.

Le 1er mars 1915 il est affecté à l’escadrille M.F. 99 et est désigné comme conducteur-mécanique d’un des pionniers de l’aviation : Louis Paulhan. Ils sont envoyés dans les Balkans où ils passent une quinzaine de jours à la frontière roumaine. Rentré en France en 1916, Maurice fait sa demande pour être élève-pilote. Le 18 février son dossier est accepté et il est affecté à la 4ème compagnie à Dijon. Après examen, le voilà désigné pour l’école d’Etampes. Il est breveté pilote, son rêve désormais, voler dans le ciel de Verdun. Il sera exaucé. Et il connaîtra, au-dessus des tranchées ennemies, son baptême du feu. Affecté à l’escadrille de chasse « Nieuport 49″ il accumule les citations. Il obtient la Médaille militaire, la Croix de guerre et est fait Chevalier de la Légion d’Honneur. Après la guerre il se marie à trois enfants et devient industriel à Montrouge, il crée aussi dans cette ville un aéro-club. Il participe à de nombreuses courses et bat de nombreux record (coupe Dunlop, Zénith et record d’altitude).

En 1939, à la mort de son père, il est élu Maire de Chamarande. Aimé et apprécié il montrera dans la gestion de sa commune autant de courage que celle qu’il affiche dans le ciel. Quand la guerre est déclarée, Maurice rejoint son poste de mobilisation au 3ème groupe d’aviation de chasse. En juin 1940 Maurice Arnoux est décoré de la Croix de guerre avec palme, elle vient coiffer celle de 14-18. Quelques jours plus tard, il est cité à l’ordre de l’armée. Le 6 juin 1940, vers seize heures, le Morane 406 CN 132 d’Arnoux passe en rase-motte au-dessus d’Angivillers (Oise). En direction de sept chasseurs ennemis. Une lutte inégale. Elle durera plus de dix minutes pourtant. Sans doute sérieusement blessé, Arnoux a piqué vers le sol, train d’atterrissage sorti, pour essayer de se poser… En vain : le Morane, après avoir touché une petite colline, ira s’écraser dans un champ. Les sept chasseurs ennemis viendront parachever leur œuvre en mitraillant les pauvres restes.

Sa dernière citation a titre posthume :
 » Officier d’élite et aviateur prestigieux, mort pour la France en combat aérien après avoir servi l’aviation et son pays de façon éclatante. Cité huit fois à l’ordre pendant la guerre de 14-18, devient en temps de paix, dans les compétitions internationales, un pilote de réputation mondiale. Ayant repris, en 1939, sa place dans un groupe de chasse, fit l’admiration de ses camarades plus jeunes par ses hautes vertus morales et sa remarquable virtuosité professionnelle. Trouva le 6 juin 1940 une mort glorieuse dans un combat inégal contre sept adversaires donnant à une carrière exceptionnelle le couronnement d’une fin chevaleresque ».